Méditation sur la peur et l'anxiété

Méditer sur la peur et l’anxiété

La peur est une composante naturelle de notre expérience. Le problème vient surtout du fait que nous avons tendance à enfouir cette émotion, à toute faire pour ne surtout pas la ressentir… Et encore moins la montrer aux autres. Dans une société qui invite toujours plus au « dépassement » de soi, à pousser ses limites aux extrêmes, à aller toujours « plus vite, plus haut, plus fort », montrer sa peur serait un aveu de faiblesse intolérable…

Et pourtant, certains de nos comportements sont motivés par une peur inavouée que l’on tente d’éviter à tout prix. Combien de fois nous sommes-nous tu par peur de la réaction des autres ? Peur d’être incompris, d’être jugé incompétent ou toute autre chose… Et souvent, nous ne nous rendons même pas compte de ce processus interne.

L’évitement étant, dans des circonstances particulières à chacun, notre façon de fonctionner par défaut, nous n’avons pas conscience de ce qui est à l’origine de ce comportement.

Peur de la peur…

Nous avons en réalité bien plus peur de la peur que peur tout court…

Nous avons peur d’en faire la totale expérience, de se relier à elle. Nous préférons tenter de la combattre ou la fuir par divers moyens : divertissements (pour regarder ailleurs), colère (comme pour l’expulser), déprime (en se perdant dans un sentiment d’impuissance), agitation, stress, anxiété…

Ce sont toutes des formes de résistances. Comme s’il y avait un danger à ressentir la peur et que la solution était de lui trancher la tête, de lui couper les pattes, ou de devenir dur comme la pierre pour ne plus rien ressentir.

Oser accueillir l’émotion

Et si on essayait, plutôt que de combattre la peur, de l’accueillir pleinement ?
Et si combattre, fuir ou se figer n’étaient pas les réponses adaptées à la peur de la peur ?

Quand nous observons la peur pour ce qu’elle est… Quand nous acceptons de la rencontrer directement… Alors nous découvrons autre chose. Nous touchons notre sensibilité, ce qui fait de nous des êtres humains.

Cela ouvre de nouveaux horizons. Un espace de liberté qui permet un rapport au monde nouveau et incroyablement vivant.

Une méditation sur la peur et l’anxiété

Attention, cette pratique peut être déstabilisante les premières fois. Commencez petit à petit, d’abord sur des courtes durées de quelques minutes et sur un événement bénin, peu impactant. Arrêtez immédiatement si vous ressentez un malaise.

  • Prenons un court moment. Rappelons-nous un moment, une situation ou nous avons agi sous le contrôle de la peur. Autorisons-nous à abandonner les processus d’évitement pour retrouver l’expérience de la peur elle-même.
  • Observons aussi les pensées, les histoires que nous nous racontons et qui sont liées à cette peur et à cet événement.
  • Juste pour un moment, acceptons de ressentir la peur. D’où vient cette émotion ? Où se situe-t-elle dans le corps ? Concentrons-nous sur les sensations corporelles. Notre respiration.
  • Et ressentons directement ce qui s’exprime là, sans essayer d’évacuer quoi que ce soit, simplement en se laissant traverser. Faisons l’expérience de cette énergie : où est-ce qu’elle va ? où semble-t-elle bloquée ? où se situe les crispations et comment tout ça se passe ?
  • Restons un moment dans cette attitude d’observation des sensations. Laissons cette énergie circuler, dans une attention bienveillante, focalisée sur le corps.
  • Repensons enfin à l’événement associée à la peur, pour observer comment notre réaction s’est modifiée. Et revenons à nouveau aux sensations.

Lors de cette observation, il se peut qu’il y ait un moment où l’anxiété s’intensifie. Revenez toujours aux sensations et laissez traverser ce qui passe.
Ne prolongez pas l’expérience si elle devient trop difficile.

Allez-y pas à pas, comme pour s’habituer à l’observation de ces sensations et émotions, qu’on a plutôt l’habitude d’éviter. Comme quand on va se baigner, pour éviter l’hydrocution, on s’asperge d’abord d’eau, on avance petit à petit pour habituer le corps à la température et au contact de l’eau.

Il se peut alors que quelque chose s’ouvre. Comme une autre forme de grandeur qui a enfin l’espace de s’épanouir…

Dixit…

Celui qui prend un risque perd pied un instant, celui qui ne prend pas de risque perd sa vie

— Søren Kierkegaard

Sur le même sujet :

Laissez un commentaire