S’autoriser à cultiver la compassion pour soi

Être tendre et gentil avec nous-même peut s'avérer un véritable défi, tant nous sommes habitués à l'auto-critique. La compassion pour soi pourrait être bien la première chose dont nous avons besoin pour accueillir et libérer nos pensées et émotions douloureuses
Méditation de compassion, bienveillance pour soi

Nous sommes si souvent en train de nous battre contre nous-mêmes. Combien de fois nous surprenons-nous à nous auto-critiquer, à penser que nous n’en faisons pas assez, à ressentir de la colère, contre nous-même ou  nous dire que nous sommes nuls ?

Pour certains, une méditation de bienveillance serait signe d’autocomplaisance, une façon “bisounours” de voir le monde… La violence, même latente, est tellement ancré dans nos rapports sociaux, que certains ne vivent en effet que par le filtre du combat permanent contre les autres et contre soi.

Se faire violence, se dépasser, se donner des “coups de pieds au cul”, se juger sévèrement, est encouragé, autant à l’école qu’au travail et dans notre société en général.

Et si nous autoriser enfin à éprouver une véritable compassion envers nous-même, était au contraire un geste de courage ?

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Bain de forêt et sylvothérapie : quand les arbres nous soignent

Les humains ayant évolué dans la nature et auprès des arbres, cette connexion est comme inscrite profondément dans notre bagage biologique. Aujourd'hui des chercheurs explorent les bienfaits des arbres pour notre santé. A tel point qu'ils parlent même de Médecine de la forêt !
Sylvothérapie

On sait déjà que passer du temps dans la nature nous fait du bien. Les Japonais, eux, prennent cela très au sérieux… Le bain de forêt est là-bas une thérapie reconnue et s’appelle “shinrin-yoku” : le bain de forêt ou sylvothérapie.

Il existe même un très officiel organisme de médecine de la forêt : The Japanese Society of Forest Medicine dans lequel travaille le chercheur Qing Li, auteur du livre Shinrin Yoku – L’art et la science du bain de forêt – Comment la forêt nous soigne.

Médecine de la forêt

Comme l’explique Qing Li, passer du temps en forêt possède de multiples effets bénéfiques : cela réduit le stress, l’anxiété, la dépression, la colère… Le bain de forêt renforce le système immunitaire, le système cardio-vasculaire et l’immunité, il booste la concentration et la mémoire, et facilite même la perte de poids…

Ce qui est particulièrement intéressant dans ces études est qu’on ne parle pas ici de faire de l’exercice, ni de courir, ni même de randonnée, mais simplement de passer du temps dans la nature, au milieu des arbres… Cela suffit à être bénéfique !

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Les personnes riches et puissantes ont-elles une moralité douteuse ?

Quand la science s'interroge sur l'éthique des plus riches...

A l’énoncé de cette question, certains vont peut-être hurler : on est encore en train de dénigrer les riches ! Sauf que c’est la science qui s’interroge ici. De plus en plus d’études scientifiques s’intéressent en effet à cette question.

Et il y a plein de bonnes raisons de questionner l’éthique des gens de pouvoir et des plus riches. Ne serait-ce que parce que les conséquences de leurs actions pèsent d’autant plus que leur influence sur le monde et la société est importante. Les conséquences des mensonges ou des fraudes des gens de pouvoir ont forcément un impact sur  un pays, sur la démocratie, sur l’économie mondiale…

Que disent ces études ?

Dans une expérience menée par l’université de Berkeley, les chercheurs se sont postés à une intersection et ont observé les modèles de voitures qui avaient plus tendance à griller la priorité. Il s’avèrent que les personnes qui conduisent les voitures les plus chères enfreignent quatre fois plus le code de la route que celles qui conduisent des voitures bon marché.

Le chercheur Dacher Keltner commente cette étude : il semble que la richesse et les privilèges amènent à se sentir au-dessus des lois et à s’autoriser à traiter les autres comme s’ils n’existaient pas.

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Quand on s’engage pour de bon et que la providence nous accompagne

Avoir le courage de poursuivre ses rêves, dépasser ses peurs, croire en soi-même, devenir la meilleure version de soi-même... 
Comment poursuivre ses rêves ? Les trois citations ci-dessous donnent de l'inspiration pour aller dans ce sens. De plus, elles partagent un certain point de vue en commun : dès lors que l'on s'engage à poursuivre ce qui est vraiment important pour nous, la Nature ou la Providence (appelez cela comme vous voulez) nous soutient de façon extraordinaire, nous aide à avancer ou à donner le meilleur de nous-même.

La première citation est souvent attribuée à tort à Goethe. Il s’agit en fait d’une citation d’un auteur écossais William H. Murray dans The Scottish Himalayan Expedition, où il cite une traduction très libre du Faust de Goethe. Il raconte l’importance d’un acte d’engagement qui enclenche l’intervention de ce qu’il appelle la Providence. A partir de ce moment des événement improbables vont considérablement aider le déroulement de son expédition.

Tant qu’on ne s’est pas engagé, persistent l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours aussi, dès qu’il s’agit d’initiative ou de création, une certaine inefficacité. Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà miné nombre de grandes idées et de plans merveilleux : c’est que dès l’instant où l’on s’engage, la Providence intervient, elle aussi. Il se produit toutes sortes de choses qui autrement ne se seraient pas produites. Toute une série d’événements jaillissent de la décision, comme pour l’appuyer par toutes sortes d’incidents imprévus, de rencontres et de secours matériel, dont on n’aurait jamais rêvé qu’ils puissent survenir. J’ai appris à accorder à ce vers de Goethe le plus profond respect :
Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le.
L’audace donne du génie, de la puissance, de la magie.

Dépasser ses peurs et oser briller

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Faire de petites activités créatives augmente le bien-être

Jouer un peu de musique, griffonner, peindre, chanter, dessiner, inventer des recettes de cuisine, coudre... Ces petites activités créatives du quotidien sont de véritables leviers pour améliorer son niveau de bien-être, comme le montre une étude scientifique.

Plusieurs études ont déjà démontré le lien entre humeur positive et créativité. Les personnes ayant des activités créatives dans la journée se sentent plus heureuses.

Et quand on parle de créativité, il n’est pas besoin ici d’être un grand artiste. Il s’agit de la créativité ordinaire, de monsieur et madame tout le monde.

Griffonner, dessiner, écrire, chanter, élaborer des recettes de cuisine, jouer quelques notes au piano ou à la guitare, prendre des photos… tout activité du quotidien réalisée dans un état d’esprit créatif, pour le plaisir de créer, compte.

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Le contrecoup d’une pensée positive

Quand on pense consciemment quelque chose et inconsciemment l'inverse...
L'art et la manière de saboter ses propres suggestions positives.

Les pensées et visualisations positives sont des techniques très intéressantes et la plupart du temps efficaces. Mais ça ne marche pas à tous les coups ! Une pensée positive peut parfois même activer le contraire de ce qui est énoncé.

Que se passe-t-il alors ?

Quand une affirmation va à l’encontre d’une croyance profonde, une résistance s’active et crée une réaction inconsciente.

Par exemple, la pensée consciente “Je suis de plus en plus mince“, peut activer, à un niveau inconscient, l’image de soi avec un peu trop de ventre… Ou faire surgir une autre pensée qui vient sabote l’affirmation positive, par exemple : “mais si je perds du poids, je ne pourrai plus prendre de plaisir à manger ce que j’aime“.

C’est le contrecoup des pensées positives.

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La ténacité : le pouvoir de la passion et de persévérance

Cette courte vidéo de la chercheure Angela Lee Duckworth rappelle l'importance de la ténacité. Parce qu'il n'y a pas que le QI qui compte...

La ténacité est un mélange de passion et de persévérance, appliqué à long terme. C’est le fait de rester engagé dans les objectifs qu’on s’est fixés. C’est la capacité à s’accrocher même face à des échecs ou à des moments de découragement. C’est une forme d’endurance qui nous permet de persévérer sur un projet ou une activité pendant des mois et des mois.

La ténacité n’a rien à voir avec l’intelligence, le QI ou le talent. Angela Lee Duckworth cite des études qui montrent que beaucoup de personnes talentueuses ne persévèrent pas dans leur engagement. La ténacité serait même inversement proportionnelle au talent.

Je n’ai pas échoué. J’ai juste trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas.
— Thomas Edison

La ténacité est donc une disposition d’esprit bien particulière. Comment la développer ? L’université de Stanford parle de “mentalité de croissance”. Il s’agit d’acquérir la conviction que nous pouvons toujours apprendre. Même si nous butons sur des difficultés à un moment donné, ces obstacles ne sont pas irrémédiables, parce que le cerveau possède une immense capacité d’apprentissage et d’évolution.

Cependant pour Angela Lee Duckworth, cette conviction ne suffit pas. Comment alors aller plus loin ?

Même si l’intervenante n’apporte pas plus de réponse, la vidéo amène à se poser quelques questions. La ténacité est liée au fait de se poser des buts et de s’y tenir. Quels sont donc les facteurs qui me permettent de rester persévérant et impliqué dans un objectif ? Qu’est-ce qui m’anime ? Quels sont les objectifs importants pour moi ?

Un champ de recherche passionnant, à suivre de près…

Ces bonnes petites choses du quotidien…

Un exercice de gratitude issu de la psychologie positive
Nous avons tous plus ou moins cette tendance à nous focaliser sur ce qui ne va pas dans notre vie. Une habitude de pensée qui nous amène de plus en plus à ne voir que le négatif. En oubliant au passage de profiter de tout ce qui va bien...
Exercice de gratitude, de psychologie positive

Quand voir exclusivement le négatif devient une habitude, nous ne nous rendons même plus compte de ces ruminations qui nous traversent… Et qui influencent notre manière de percevoir le monde, comme des lunettes filtrantes. La négativité devient alors peu à peu comme une seconde nature. Des petits exercices conscients permettent de rétablir l’équilibre.

Une dose de psychologie positive

La psychologie positive est un courant de recherche reconnu qui propose de rétablir la balance, en portant notre attention un peu plus sur le positif. L’idée n’est pas de voir la vie en rose tous les jours, en toutes circonstances. Il s’agit simplement de prendre quelques minutes par jour pour ressentir, par exemple, de la gratitude envers ce qui est bien dans notre vie. Quand nous tenons pour acquis toutes les belles choses de notre vie, nous ne prêtons même plus véritablement attention à la chaleur de nos proches, au sourire d’une personne croisée dans la rue, à la gentillesse d’une autre…

En ce sens la psychologie positive n’a rien à voir avec la pensée positive. Cette dernière a tendance à vouloir éliminer toute pensée négative, au risque de refouler des sentiments et des émotions qui ont aussi leur place. C’est une nuance importante.

La psychologie positive est-elle assimilable à la pensée positive ? La psychologie positive se différencie de la pensée positive sur trois points importants. Premièrement, la psychologie positive repose sur des études scientifiques empiriques et reproductibles. Deuxièmement, la pensée positive nous incite à être positif partout et tout le temps, ce que la psychologie positive ne fait pas. La psychologie positive reconnaît que, malgré les avantages de la pensée positive, parfois la pensée négative ou réaliste est pertinente. Les études mettent en évidence que l’optimisme est associé à une meilleure santé, à la performance, la longévité et le succès social, mais il y a des preuves que, dans certaines situations, la pensée négative permet de réaliser des estimations plus justes, plus exactes, ce qui peut avoir des conséquences importantes. La pensée optimiste peut être associée à une sous-estimation des risques.

Source

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Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

Un résumé en vidéo
L'intelligence émotionnelle est cette qualité qui nous permet de nous confronter avec patience, imagination et perspicacité aux problèmes que nous rencontrons dans nos relations avec nous-même et avec les autres.

On attribue, le plus souvent, l’intelligence à la capacité de réussir professionnellement ou d’être doué dans un domaine donné, comme la technique, la logique, etc. Mais il est tout à fait possible d’avoir une carrière brillante, atteindre des hautes responsabilités et un très bon salaire, tout en étant malheureux, intolérant ou en ayant une vie privée peu épanouie.

L’intelligence émotionnelle est une qualité qui permet de mieux comprendre nos propres sentiments et ceux des autres. Les personnes intelligentes émotionnellement ne réagissent pas sous l’impulsion des émotions, mais ont une vision plus large de ce qui est en train de se passer. C’est aussi la capacité à réagir plus positivement face à des échecs ou des épreuves et donc de développer la résilience.

Aujourd’hui l’intelligence émotionnelle n’est pas enseignée à l’école. La vidéo ci-dessous indique que la culture, au sens large, est un outil de développement de cette qualité. Le fait d’être curieux et ouvert à différentes formes d’expression est en effet une forme d’intelligence émotionnelle. On peut aussi y ajouter toutes les pratiques psychocorporelles, de méditation, etc. qui permettent d’être plus connecté à soi-même et aux autres.

Pour être heureux, ne cherchez pas le bonheur

La découverte radicale de John Stuart Mill
Dans le court extrait suivant, John Stuart Mill partage une vision radicale du bonheur. Pour être heureux, il faudrait poursuivre autre chose que le bonheur. Alors quoi ? Des activités qui nous remplissent par elles-mêmes, cueillir les plaisirs de la vie en passant, sans en faire le but principal de l'existence. Une citation paradoxale qui porte à réfléchir...
Demandez-vous si vous êtes heureux et vous cesserez de l’être.

Je n’avais jamais senti vaciller en moi la conviction que le bonheur est la pierre de touche de toutes les règles de conduite, et le but de la vie. Mais je pensais maintenant que le seul moyen de l’atteindre était de n’en pas faire le but direct de l’existence. Ceux-là seulement sont heureux, pensais-je, qui ont l’esprit tendu vers quelque objet autre que leur propre bonheur, par exemple vers le bonheur d’autrui, vers l’amélioration de la condition de l’humanité, même vers quelque acte, quelque recherche qu’ils poursuivent non comme un moyen, mais comme une fin idéale. Aspirant ainsi à autre chose, ils trouvent le bonheur, chemin faisant. Les plaisirs de la vie, telle était la théorie à laquelle je m’arrêtai, suffisent pour en faire une chose agréable, quand on les cueille en passant, sans en faire l’objet principal de l’existence. Essayez d’en faire le but principal de la vie, et du coup, vous ne les trouverez plus suffisants. Ils ne supportent pas un examen rigoureux.

Demandez-vous si vous êtes heureux et vous cesserez de l’être. Pour être heureux, il n’est qu’un seul moyen, qui consiste à prendre pour but de la vie, non pas le bonheur, mais quelque fin étrangère au bonheur. Que votre intelligence, votre analyse, votre examen de conscience s’absorbe dans cette recherche, et vous respirerez le bonheur avec l’air, sans le remarquer, sans y penser, sans demander à l’imagination de le figurer par anticipation, et aussi sans le mettre en fuite par une fatale manie de le mettre en question. Cette théorie devint alors la base de ma philosophie de la vie ; je la conserve encore, comme celle qui convient le mieux aux hommes qui ne possèdent qu’une sensibilité modérée, qu’une médiocre aptitude à jouir, c’est-à-dire, à la grande majorité de notre espèce.

— John Stuart Mill, Mes mémoires, Histoire de la vie et de mes idées