Eviter les ruminations et passer à une introspection efficace

En apprenant à se poser les bonnes questions...
L'introspection efficace n'est pas toujours des plus simples. Quand on se pose des questions sur soi et sur sa vie, où se situe la frontière entre la réflexion et la rumination ? Il est facile de se perdre dans notre tentative d'introspection, de tourner en rond et finalement d'exacerber les émotions négatives plus qu'autre chose. Alors comment faire ?
Comment faire une introspection ?

La psychologue américaine Tasha Eurich a observé, dans des études, que les personnes passant du temps à réfléchir sur elles-mêmes était plus stressées, plus déprimées, plus anxieuses… On s’attendrait plutôt à l’inverse. En plus de tout cela, ces personnes se sentaient également moins en contrôle de leur propre vie. Comme si leurs réflexions les noyaient à l’intérieur d’elles-mêmes plutôt que d’aider à y voir plus clair.

Autrement dit, passer du temps en introspection n’aide pas nécessairement à aller mieux. Et cela ne permet pas forcément non plus de mieux se connaître soi-même. Il y aurait donc une bonne et une mauvaise manière de mener une introspection.

La bonne et la mauvaise introspection

Tout est en effet dans la manière de faire ! Comment menons-nous nos introspections ? Souvent la question que nous posons est “pourquoi” ? Pourquoi je me sens mal, pourquoi je n’arrive pas à avancer, pourquoi je réagis toujours de cette façon ?

Or cette question du “pourquoi” a tendance, le plus souvent, à augmenter notre confusion et à brouiller notre perception de nous-même. Une étude a montré que faire sa propre introspection sur le mode “pourquoi” amène à fixer son attention sur les problèmes plutôt que de voir des manières d’avancer et d’envisager des solutions.

De plus, quand on se pose la question Pourquoi, on a tendance à se jeter sur la première réponse qui nous traverse l’esprit et qui confirme nos croyances sur nous-mêmes, sans même questionner la validité de cette réponse.

Si on se demande “Pourquoi je me sens mal aujourd’hui ?“, les réponses fusent immédiatement : “Parce que c’est lundi !” “Parce que mes collègues ne sont pas sympas !” “Parce que je suis une personne négative…” etc. On ne peut pas dire que ces réponses aident vraiment à avancer… On finit alors par tourner en rond et part alimenter le mode de pensée qui cause le mal-être, en amplifiant ce dernier.

De “Pourquoi” à “Qu’est-ce que”

Tasha Eurich propose de remplacer la question “Pourquoi” par la question “Qu’est-ce que” ? Plutôt que de se demander pourquoi je me sens déprimé ? Il est plus productif de se poser la question “Qu’est-ce que je ressens précisément ?” Ainsi à la question précédente, on peut répondre : “Je ressens de la fatigue”  “J’ai faim”  “J’ai la tête pleine du travail“. Il devient alors plus facile d’imaginer et de mettre en place des actions permettant de remédier au mal-être : se coucher plus tôt, appeler un ami pour se changer les idées, prendre un bon repas.

Le “Qu’est-ce que” nous force de plus à mettre des mots sur nos émotions. Or des études ont montré que nommer les émotions est une façon de s’en libérer. Globalement la question “Qu’est-ce que” permet d’ouvrir des possibilités de réponses adaptées.

Pourquoi :

enferme dans le passé
focalise sur nos limitations
active des émotions négatives
renforce les ruminations

Qu’est-ce que :

aide à créer un meilleur futur
aide à voir notre potentiel
aide à rester curieux et ouvert
aide à mieux connaître et comprendre nos émotions

Il ne s’agit pas de bannir définitivement la question “Pourquoi” mais de veiller à poser les questions les plus adéquates, celles qui sont vraiment utiles pour résoudre un problème.

Pour Tasha Eurich, les questions Pourquoi sont utiles pour mieux comprendre les événements dans notre environnement, tandis que que Qu’est-ce que sont plus utiles pour nous comprendre nous-mêmes.

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