Une technique de visualisation efficace, c’est quoi ?

Des psychologues mettent les techniques de visualisation à l’épreuve de la science. On le disait dans un précédent article, il ne suffit pas d’imaginer quelque chose très fort pour “attirer le succès” et “transformer sa vie”.

Il ne s’agit pas pour autant de renoncer à toute forme de visualisation ou projection imaginaire sur l’avenir pour accomplir des objectifs. Mais il y a les méthodes efficaces et les autres…

La visualisation est en effet très souvent utilisée en sport pour améliorer efficacement les performances. Elle l’est également en thérapie pour faciliter le traitement de dépendances, comme l’alcoolisme, et éviter les rechutes face à des situations tentantes.

Comment visualiser efficacement ?

Qu’est-ce qui fait alors que ces techniques de visualisation sont efficaces ? Là encore, les recherches scientifiques en psychologie nous mettent sur la bonne voie plutôt que de nous conter monts et merveilles…

@ turbotoddi

Shelley E. Taylor, chercheure à l’université de Californie à Los Angeles, montre que l’élément crucial d’une visualisation est son lien avec l’action. Sans cela, ce n’est que pur fantasme.

C’est aussi ce qu’explique, par la pratique cette fois, le golfeur Jack Nicklaus. Avant chaque coup, le golfeur avait pris l’habitude de visualiser la balle à l’endroit où il prévoyait qu’elle atterrisse, ensuite la trajectoire que devait prendre la balle pour arriver dans le green, et enfin le mouvement juste, le swing parfait pour que la visualisation devienne réalité.

Vous l’avez remarqué, on est loin des méthodes dans le genre de “la loi de l’attraction” qui reposent sur le principe : “demandez et vous recevrez”.

La visualisation du processus ou du résultat ?

Shelley E. Taylor a réalisé plusieurs expériences pour comparer deux techniques de visualisation. L’une d’entre elles consistait à demander à des étudiants sur le point de passer des examens, soit d’imaginer leur objectif accompli et la satisfaction qu’ils ressentiraient alors, soit de visualiser le processus qui les mènerait à la réussite de leurs examens.

Les résultats sont sans appel. Les étudiants du premier groupe, qui ont effectué des visualisations de succès, ont travaillé significativement moins et ont eu de moins bons résultats à leurs examens que ceux du second groupe, qui se sont visualisés eux-mêmes en train d’étudier et d’acquérir les connaissances nécessaires pour réussir.

La première méthode est essentiellement passive : on rêve, on espère, on fantasme un résultat. Tandis que la seconde est active : elle crée un lien avec les actions nécessaires à entreprendre pour réussir, on met en route un processus.

La chercheure a également effectué le même genre d’études sur la gestion des émotions et notamment du stress. Les personnes qui visualisaient précisément un événement stressant : ce qui se passe et ce qu’ils feraient pour gérer la situation, sont parvenus à gérer bien mieux la situation de stress réelle, que ceux qui imaginaient leur satisfaction à voir le problème et la situation stressante se résoudre d’elle-même.

Attention à l’erreur de planification

La bonne technique consiste donc à visualiser le processus à mettre en oeuvre pour réussir, plutôt que le succès déjà réalisé. Elle a pour avantage de réduire l’anxiété et de réguler les émotions, explique la psychologue, ce qui en retour améliore les performances. Elle facilite de plus la planification, la résolution de problème et maintient la motivation nécessaire à l’action.

Au contraire, la mauvaise méthode produit ce que Shelley E. Taylor appelle “l’erreur de planification“. Imaginer le résultat accompli amène à sous-estimer l’ampleur de la tâche et des ressources nécessaires, ainsi qu’à se sur-estimer soi-même et à penser que c’est, en quelque sorte, “déjà gagné”…

Vous savez donc maintenant ce qu’il vous reste à faire ! Si vous avez un objectif, visualisez la manière dont vous pourriez l’atteindre.

Etude citée : Harnessing the Imagination : Mental Simulation, Self-Regulation and Coping, de Shelley E. Taylor, Lien B. Pham, Inna D. Rivkin, et David A. Armor, University of California, Los Angeles.

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