S’ennuyer sans perdre son temps

Si vous avez passé des vacances « bien remplies », c’est peut-être que vous n’en avez pas vraiment profité. Contradictoire ? Pas forcément !

Nous avons tendance à vouloir rentabiliser nos vacances et nos week-ends, autrement dit à les remplir d’activités, de sorties, de restaurants… jusqu’à satiété, voire même épuisement. Comme le travail, nos loisirs ont tendance à se mesurer désormais à leur productivité : en faire toujours plus, pour avoir l’impression d’en profiter pleinement.

Ca peut être parfois une fuite en avant, pour ne pas se confronter au temps qui passe, pour éviter de se retrouver seul face à soi-même. Il y a quelque chose en nous qui a peur du temps perdu.

Alors que faire ? Sans pour autant ériger la procrastination ou l’ennui en art de vivre, ce serait une simple posture, essayons d’éprouver ces temps improductifs, plutôt que de les fuir. Vivons-les pleinement. Soyons pleinement là dans ce temps inutile. Ce moment de vide, remplissons-le de notre présence. Il participe aussi pleinement à notre construction.

Cette méditation, c’est Albert Camus qui la propose dans La Peste :

Question : comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : l’éprouver dans toute sa longueur. Moyens : passer des journées dans l’antichambre d’un dentiste, sur une chaise inconfortable ; vivre à son balcon le dimanche après-midi ; écouter des conférences dans une langue qu’on ne comprend pas ; choisir les itinéraires de chemin de fer les plus longs et les moins commodes et voyager debout naturellement ; faire la queue au guichet des spectacles et ne pas prendre sa place, etc.

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