Idées

Comment nous y prenons-nous pour procrastiner ?

Une vidéo à regarder demain...

Remettre au lendemain une tâche urgente, nous connaissons tous ça. Mais que se passe-t-il en nous quand nous procrastinons ?

Voilà une présentation Ted hilarante qui explique le fonctionnement de la procrastination. Tim Urban est un maître en la matière. Son site What But Why consacré à la procrastination est lu par plusieurs millions de visiteurs chaque mois…

Dans un style très imagé, Tim Urban nous présente le Décideur rationnel empêché d’accomplir sa tâche par un Singe qui cherche avant tout une gratification immédiate. Sans aucune notion du passé ou du futur, celui-ci vit dans un éternel présent et ne s’intéresse qu’à ce qui est facile et fun.

Heureusement, le procrastinateur a un ange-gardien : le Monstre panique. Celui-ci apparaît quand une échéance se rapproche dangereusement et qu’il n’y plus d’autre solution que de passer à l’action.

C’est efficace, dans une certaine mesure… Mais qu’arrive-t-il pour toutes ces choses où il n’y a pas d’échéance ? Le procrastinateur passe alors à côté de ce qui compte vraiment dans la vie. Le risque est de devenir spectateur de sa propre vie.

Pensons régulièrement à toutes ces choses sur lesquelles nous procrastinons dans notre vie. Et restons conscient du Singe de gratification immédiate pour nous rappeler ce qui est vraiment important.

Avec la présentation amusante et bien amenée de Tim Urban, le message passe !

30 jours pour créer de nouvelles habitudes

Voilà une idée apparemment simple, trop simple, voire même peut-être simpliste pour certains :

faire une chose nouvelle pendant 30 jours d’affilée.

Pourquoi faire ? Pour rompre la monotonie du quotidien, pour sortir de sa routine ennuyeuse. Et pourquoi pas 30 jours pour installer une nouvelle habitude… une bonne de préférence !

Cette proposition, il faut la vivre comme un challenge. Penser à quelque chose que vous voudriez faire plus souvent. Commencez dès aujourd’hui et poursuivez pendant au moins les 30 jours suivant. Il y a de fortes chances que cette action devienne une bonne habitude au bout de quelque temps.

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S’ennuyer sans perdre son temps

Si vous avez passé des vacances « bien remplies », c’est peut-être que vous n’en avez pas vraiment profité. Contradictoire ? Pas forcément !

Nous avons tendance à vouloir rentabiliser nos vacances et nos week-ends, autrement dit à les remplir d’activités, de sorties, de restaurants… jusqu’à satiété, voire même épuisement. Comme le travail, nos loisirs ont tendance à se mesurer désormais à leur productivité : en faire toujours plus, pour avoir l’impression d’en profiter pleinement.

Ca peut être parfois une fuite en avant, pour ne pas se confronter au temps qui passe, pour éviter de se retrouver seul face à soi-même. Il y a quelque chose en nous qui a peur du temps perdu.

Alors que faire ? Sans pour autant ériger la procrastination ou l’ennui en art de vivre, ce serait une simple posture, essayons d’éprouver ces temps improductifs, plutôt que de les fuir. Vivons-les pleinement. Soyons pleinement là dans ce temps inutile. Ce moment de vide, remplissons-le de notre présence. Il participe aussi pleinement à notre construction.

Cette méditation, c’est Albert Camus qui la propose dans La Peste :

Question : comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : l’éprouver dans toute sa longueur. Moyens : passer des journées dans l’antichambre d’un dentiste, sur une chaise inconfortable ; vivre à son balcon le dimanche après-midi ; écouter des conférences dans une langue qu’on ne comprend pas ; choisir les itinéraires de chemin de fer les plus longs et les moins commodes et voyager debout naturellement ; faire la queue au guichet des spectacles et ne pas prendre sa place, etc.

Réapprendre à “sentir”

Le poète Novalis nous invite à réapprendre à “sentir” et à chercher une autre manière d’être au monde. Une position dans laquelle on devient soi-même :

C’est dans ce jeu seulement (celui du sentir) que l’homme prend véritablement conscience de sa nature propre, de sa liberté spécifique, et qu’il a le sentiment de sortir d’un profond sommeil, d’être enfin chez lui dans ce monde et de voir s’éclairer son univers intérieur.

Il a le sentiment d’avoir atteint une sorte de perfection lorsqu’il parvient, sans gêner ce jeu, à sentir et penser tout en laissant ses sens remplir leurs fonctions pratiques. Les deux ordres de perception y gagnent : le monde extérieur devient transparent, le monde intérieur se diversifie et se charge de signifiance et l’homme se trouve au milieu des deux, faisant l’expérience intime de la liberté la plus parfaite et du plus jubilatoire sentiment de puissance.

cité par François Roustang, Feuilles oubliées, feuilles retrouvées

Au croisement de deux mondes

Pour Novalis, le “sentir” nous permet de nous situer au croisement des mondes intérieur et extérieur. Autrement dit, le sentir ne privilégie ni l’un, ni l’autre, mais permet une vision globale qui donne du sens. Il nous donne accès à une complexité qui nous dépasse et qui reste insaisissable à la conscience et à l’intelligence.

Il semblerait que nous ayons ainsi deux modes de rapport au monde. L’un basé sur la pensée, le vouloir, la conscience, et l’autre sur le sentir, l’intuition, l’inconscient. Le second type de perception est le plus oublié. C’est pourtant par là que peuvent surgir de nouvelles façons de voir les choses, de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives. C’est par là que nous pouvons nous connecter à nos ressources intérieures oubliées.

 

Pour une “politique” du Soi ?

Cette citation de Carl Rogersdénonce l’échelle des valeurs dans le monde d’aujourd’hui. Le temps et l’argent dépensés dans l’industrie nucléaire, ne pourraient-ils pas être investis, à quantité égale, dans la libération de l’énergie de chaque personne ? Sa proposition est plutôt radicale et semblera même choquante à certains, surtout en cette période de crise économique. Et pourtant, elle touche sans doute du doigt un problème essentiel dans notre conception du monde.

Nous travaillons dur pour libérer l’extraordinaire énergie qui se trouve cachée dans l’atome et dans son noyau. Si nous ne consacrons pas une énergie égale – oui, et autant d’argent – à libérer le potentiel de chaque individu, alors le décalage énorme qui existe entre le niveau des ressources énergétiques physiques et celui des ressources humaines va nous condamner à une destruction universelle bien méritée.

Carl Rogers, Liberté pour apprendre ?