Méditer sur le ressenti corporel

Le corps sait...
N'avez-vous jamais eu l'impression de passer une journée en étant "à côté de vos pompes" ? Autrement dit, l'impression d'être là sans être là, de ne pas être complètement engagé dans votre vécu, de ne pas saisir réellement le sens de ce qui se passe...

Et si nous revenions à l’expérience corporelle ? Le ressenti corporel, c’est le fait de placer sa conscience dans le corps et de ressentir, d’être présent aux différentes sensations.

“Le sens corporel n’est pas une expérience mentale mais une expérience physique. Le sens corporel ne se présente pas sous forme de mots, de pensées ou d’un autre élément distinct. Il se présente comme un sentiment physique unique, bien que souvent déconcertant et complexe.”
Eugène Gendlin

Le ressenti corporel n’est pas une émotion qui est déjà une forme de réaction. Une émotion peut être nommée, on sait de quoi il s’agit. Le ressenti corporel lui est plus vague, plus complexe, plus subtil. Il nous échappe, il évolue rapidement. Difficile de lui coller une étiquette…

Ce n’est pas non plus une simple sensation physique. Le sens corporel inclut plus largement notre manière de vivre une expérience. C’est une expérience globale qui prend en compte toutes les dimensions de la personne, le corporel, l’émotionnel, le psychique… Cependant, son mode d’accès est le corps. S’il ne s’agit pas d’une sensation localisée, on va tout de même se focaliser sur le corps et les sensations tactiles pour rentrer en contact avec lui.

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30 jours pour créer de nouvelles habitudes

Voilà une idée apparemment simple, trop simple, voire même peut-être simpliste pour certains :

faire une chose nouvelle pendant 30 jours d’affilée.

Pourquoi faire ? Pour rompre la monotonie du quotidien, pour sortir de sa routine ennuyeuse. Et pourquoi pas 30 jours pour installer une nouvelle habitude… une bonne de préférence !

Cette proposition, il faut la vivre comme un challenge. Penser à quelque chose que vous voudriez faire plus souvent. Commencez dès aujourd’hui et poursuivez pendant au moins les 30 jours suivant. Il y a de fortes chances que cette action devienne une bonne habitude au bout de quelque temps.

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S’ennuyer sans perdre son temps

Si vous avez passé des vacances « bien remplies », c’est peut-être que vous n’en avez pas vraiment profité. Contradictoire ? Pas forcément !

Nous avons tendance à vouloir rentabiliser nos vacances et nos week-ends, autrement dit à les remplir d’activités, de sorties, de restaurants… jusqu’à satiété, voire même épuisement. Comme le travail, nos loisirs ont tendance à se mesurer désormais à leur productivité : en faire toujours plus, pour avoir l’impression d’en profiter pleinement.

Ca peut être parfois une fuite en avant, pour ne pas se confronter au temps qui passe, pour éviter de se retrouver seul face à soi-même. Il y a quelque chose en nous qui a peur du temps perdu.

Alors que faire ? Sans pour autant ériger la procrastination ou l’ennui en art de vivre, ce serait une simple posture, essayons d’éprouver ces temps improductifs, plutôt que de les fuir. Vivons-les pleinement. Soyons pleinement là dans ce temps inutile. Ce moment de vide, remplissons-le de notre présence. Il participe aussi pleinement à notre construction.

Cette méditation, c’est Albert Camus qui la propose dans La Peste :

Question : comment faire pour ne pas perdre son temps ? Réponse : l’éprouver dans toute sa longueur. Moyens : passer des journées dans l’antichambre d’un dentiste, sur une chaise inconfortable ; vivre à son balcon le dimanche après-midi ; écouter des conférences dans une langue qu’on ne comprend pas ; choisir les itinéraires de chemin de fer les plus longs et les moins commodes et voyager debout naturellement ; faire la queue au guichet des spectacles et ne pas prendre sa place, etc.

La méditation en action : laisser faire et toucher la cible

S'efforcer de laisser faire ?
Le laisser faire, ou lâcher prise, authentique est difficile à appréhender. D'autant plus que nous avons l'habitude, au contraire, de mettre l'accent sur la volonté consciente, l'effort acharné, la maîtrise de soi. Le laisser faire est pourtant au cœur de la pratique de la méditation, et plus largement de toute forme de culture de soi : auto-hypnose, tai chi chuan, qi gong, etc.

Lorsqu’on parle de méditation, on retrouve souvent cette injonction : lâcher-prise ! Facile à dire, mais quand on se met à la pratique, essayer de laisser faire peut devenir une source de tension.

Un paradoxe : s’efforcer de lâcher prise

Comment s’y prendre ? Est-il même possible d’apprendre à laisser faire, consciemment, par la volonté ? N’y a-t-il pas là une contradiction absurde : s’efforcer à laisser faire ? Et d’où vient ce laisser faire ?

Le petit livre d’Eugen Herrigel, Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, nous donne des pistes très éclairantes sur cet apparent paradoxe. Il est d’autant plus utile qu’il aborde cette question sous l’angle d’une activité ayant un but précis, le tir à l’arc où il s’agit de viser pour atteindre la cible. Ici pas de risque de confondre le laisser faire avec un “laisser aller” paresseux. Pour réussir son coup, il faut maintenir la bonne posture ainsi que la bonne concentration et certainement ne pas s’avachir comme une loque !

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Samsara, un regard méditatif sur le monde

Documentaire, album d’images sans paroles, Samsara est un film hors normes réalisé par Ron Fricke, auteur du déjà cultissime Baraka. Son prochain opus s’annonce tout aussi magnifique.

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Gribouiller focalise l’attention et rend plus créatif

Griffonner est une activité très mal vue de nos jours. Peut-être étiez-vous l’un de ces élèves “pris en flagrant délit” de gribouillages dans les marges de son cahier ? Un motif de tirage d’oreilles et une preuve, pour le professeur, que vous n’étiez pas concentré ! De la même façon, aujourd’hui, griffonner en pleine réunion de travail risquerait d’être interprété par votre patron comme de l’ennui ou un manque d’attention…

Les préjugés ont la vie dure ! Le gribouillage n’aurait pas sa place dans des activités sérieuses. Et pourtant… Des recherches montrent que gribouiller pendant une activité d’écoute peut améliorer la  mémorisation des informations de 29 %.

Le griffonnage empêcherait en effet de partir dans des rêveries où on ne porte plus attention à ce qui se passe. Il permettrait, au contraire, de maintenir la concentration intacte. A l’inverse de toutes les idées reçues, griffonner aide à mieux focaliser son attention. C’est une activité qui permet de maintenir le cerveau en éveil, même dans une situation mortellement ennuyeuse !

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Méditer réduit le sentiment de solitude

Une étude récente montre que la méditation réduit le sentiment de solitude chez les personnes âgées et contribue à l’amélioration de leur santé.

Meditate

Meditate (Photo credit: NA.dir)

Les chercheurs ont demandé à des personnes de 55 à 85 ans de suivre un programme de méditation de pleine conscience (MBSR) pendant huit semaines. Celui-ci incluait une séance de méditation quotidienne de 30 min, des exercices de prise de conscience du corps (attention portée sur les sensations, sur la respiration…) 2 heures par semaine en groupe, et une journée entière de retraite méditative.

Après huit semaines, les psychologues ont observé une réduction significative du sentiment de solitude. Or, on sait que le sentiment d’être socialement déconnecté aggrave le risque de problèmes de santé et de mortalité.

Solitude, méditation et santé : des liens démontrés

Les chercheurs ont également découvert que ces exercices avaient régulé l’expression des gènes responsable des maladies inflammatoires (l’expression de ces gènes étant aggravé par le sentiment de solitude). Ce qui signifie que la méditation peut jouer un rôle dans le renforcement du système immunitaire et favoriser la lutte contre les maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives (Alzheimer par exemple) et contre le cancer.

“Il est tout aussi important d’entraîner son esprit, que de muscler ses biceps à la gym”, explique le chercheur J. David Creswell.

Source : http://www.futurity.org

Etude originale :
Mindfulness-Based Stress Reduction training reduces loneliness and pro-inflammatory gene expression in older adults, de J. David Creswell, Michael R. Irwinb, Lisa J. Burklund, Matthew D. Lieberman, Jesusa M.G. Arevalob, Jeffrey Mab, Elizabeth Crabb Breenb, Steven W. Coleb

 

Une technique de visualisation efficace, c’est quoi ?

Des psychologues mettent les techniques de visualisation à l’épreuve de la science. On le disait dans un précédent article, il ne suffit pas d’imaginer quelque chose très fort pour “attirer le succès” et “transformer sa vie”.

Il ne s’agit pas pour autant de renoncer à toute forme de visualisation ou projection imaginaire sur l’avenir pour accomplir des objectifs. Mais il y a les méthodes efficaces et les autres…

La visualisation est en effet très souvent utilisée en sport pour améliorer efficacement les performances. Elle l’est également en thérapie pour faciliter le traitement de dépendances, comme l’alcoolisme, et éviter les rechutes face à des situations tentantes.

Comment visualiser efficacement ?

Qu’est-ce qui fait alors que ces techniques de visualisation sont efficaces ? Là encore, les recherches scientifiques en psychologie nous mettent sur la bonne voie plutôt que de nous conter monts et merveilles…

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Les limites de la rêverie positive

La pensée positive est en plein boum. Forcément, l’idée a de quoi séduire : il suffirait de rêver quelque chose et d’y croire très fort pour que cela arrive. Facile ! Seulement voilà, les choses ne sont pas aussi simples, des psychologues américains expliquent pourquoi.

Des recherches récentes ont montré qu’un excès de rêverie positive peut empêcher la réalisation de nos buts et amène le plus souvent à prendre de mauvaises décisions.

Comment ça fonctionne ? Lorsqu’on rêve d’un futur idéalisé, on ne retient alors que les informations qui nous confirment dans nos rêveries, et on néglige les aspects plus négatifs. Or, ceux-ci sont importants pour prendre les décisions adéquates, expliquent les chercheurs de l’université de New-York. Ce n’est pas en niant la réalité que nous pouvons la transformer. Les psychologues ont aussi découvert que la rêverie positive peut diminuer l’énergie investie dans notre poursuite du but, et réduire ainsi les chances de réussite.

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Réapprendre à “sentir”

Le poète Novalis nous invite à réapprendre à “sentir” et à chercher une autre manière d’être au monde. Une position dans laquelle on devient soi-même :

C’est dans ce jeu seulement (celui du sentir) que l’homme prend véritablement conscience de sa nature propre, de sa liberté spécifique, et qu’il a le sentiment de sortir d’un profond sommeil, d’être enfin chez lui dans ce monde et de voir s’éclairer son univers intérieur.

Il a le sentiment d’avoir atteint une sorte de perfection lorsqu’il parvient, sans gêner ce jeu, à sentir et penser tout en laissant ses sens remplir leurs fonctions pratiques. Les deux ordres de perception y gagnent : le monde extérieur devient transparent, le monde intérieur se diversifie et se charge de signifiance et l’homme se trouve au milieu des deux, faisant l’expérience intime de la liberté la plus parfaite et du plus jubilatoire sentiment de puissance.

cité par François Roustang, Feuilles oubliées, feuilles retrouvées

Au croisement de deux mondes

Pour Novalis, le “sentir” nous permet de nous situer au croisement des mondes intérieur et extérieur. Autrement dit, le sentir ne privilégie ni l’un, ni l’autre, mais permet une vision globale qui donne du sens. Il nous donne accès à une complexité qui nous dépasse et qui reste insaisissable à la conscience et à l’intelligence.

Il semblerait que nous ayons ainsi deux modes de rapport au monde. L’un basé sur la pensée, le vouloir, la conscience, et l’autre sur le sentir, l’intuition, l’inconscient. Le second type de perception est le plus oublié. C’est pourtant par là que peuvent surgir de nouvelles façons de voir les choses, de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives. C’est par là que nous pouvons nous connecter à nos ressources intérieures oubliées.