Réapprendre à “sentir”

Le poète Novalis nous invite à réapprendre à “sentir” et à chercher une autre manière d’être au monde. Une position dans laquelle on devient soi-même :

C’est dans ce jeu seulement (celui du sentir) que l’homme prend véritablement conscience de sa nature propre, de sa liberté spécifique, et qu’il a le sentiment de sortir d’un profond sommeil, d’être enfin chez lui dans ce monde et de voir s’éclairer son univers intérieur.

Il a le sentiment d’avoir atteint une sorte de perfection lorsqu’il parvient, sans gêner ce jeu, à sentir et penser tout en laissant ses sens remplir leurs fonctions pratiques. Les deux ordres de perception y gagnent : le monde extérieur devient transparent, le monde intérieur se diversifie et se charge de signifiance et l’homme se trouve au milieu des deux, faisant l’expérience intime de la liberté la plus parfaite et du plus jubilatoire sentiment de puissance.

cité par François Roustang, Feuilles oubliées, feuilles retrouvées

Au croisement de deux mondes

Pour Novalis, le “sentir” nous permet de nous situer au croisement des mondes intérieur et extérieur. Autrement dit, le sentir ne privilégie ni l’un, ni l’autre, mais permet une vision globale qui donne du sens. Il nous donne accès à une complexité qui nous dépasse et qui reste insaisissable à la conscience et à l’intelligence.

Il semblerait que nous ayons ainsi deux modes de rapport au monde. L’un basé sur la pensée, le vouloir, la conscience, et l’autre sur le sentir, l’intuition, l’inconscient. Le second type de perception est le plus oublié. C’est pourtant par là que peuvent surgir de nouvelles façons de voir les choses, de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives. C’est par là que nous pouvons nous connecter à nos ressources intérieures oubliées.

 

Pour une “politique” du Soi ?

Cette citation de Carl Rogersdénonce l’échelle des valeurs dans le monde d’aujourd’hui. Le temps et l’argent dépensés dans l’industrie nucléaire, ne pourraient-ils pas être investis, à quantité égale, dans la libération de l’énergie de chaque personne ? Sa proposition est plutôt radicale et semblera même choquante à certains, surtout en cette période de crise économique. Et pourtant, elle touche sans doute du doigt un problème essentiel dans notre conception du monde.

Nous travaillons dur pour libérer l’extraordinaire énergie qui se trouve cachée dans l’atome et dans son noyau. Si nous ne consacrons pas une énergie égale – oui, et autant d’argent – à libérer le potentiel de chaque individu, alors le décalage énorme qui existe entre le niveau des ressources énergétiques physiques et celui des ressources humaines va nous condamner à une destruction universelle bien méritée.

Carl Rogers, Liberté pour apprendre ?

La créativité se cultive

@deichgnu

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On dit souvent que la créativité est un don, que certains sont nés avec, tandis que d’autres n’ont tout simplement pas hérité du bon gène… Pour le psychologue et chercheur Robert Epstein, au contraire, n’importe qui peut cultiver la créativité.

Ce sont essentiellement des facteurs extérieurs qui déterminent l’esprit d’innovation, bien plus que des soi-disant talents innés. Le stress ou le manque de temps par exemple peuvent tarir l’inspiration des personnes les plus imaginatives.

Exercices de créativité

Avec d’autres chercheurs, Robert Epstein a mené des séries d’expériences qui démontrent que la créativité peut être entraînée et peut même presque devenir une habitude. Des exercices simples exécutés régulièrement auraient pour effet de “muscler” le cerveau créatif. Le psychologue recommande 4 grandes stratégies :

  • capturez de nouvelles idées : notez dans un carnet, sur votre ordinateur toute nouvelle idée, pour en garder une trace avant qu’elle ne s’évanouisse,
  • lancez-vous des défis stimulants, pour vous contraindre à générer de nouvelles idées,
  • nourrissez-vous de nouvelles connaissances, intéressez-vous à des domaines nouveaux, des liens entre des idées d’origines différentes peuvent en créer de nouvelles,
  • fréquentez des personnes et lieux inspirants : des conversations enrichissantes amènent souvent de nouveaux points de vue et de nouvelles façons de penser, comme arpenter les musées et autres lieux d’arts.

Une étude a montré que ces 4 stratégies appliquées pendant 8 mois a permis à un groupe de personnes d’augmenter leur création de nouvelles idées de 55 %.

Source

Image  @deichgnu

 

La méditation pour les enfants

On le sait, il est souvent difficile de faire asseoir des enfants pour qu’ils restent tranquilles. Alors quant à leur apprendre la méditation, on pourrait penser que c’est mission impossible.

Heureusement, la thérapeute hollandaise Eline Snel a développé une méthode spécialement pour les enfants. La métaphore de la grenouille qu’elle introduit rend la méditation beaucoup plus accessible aux bambins à l’attention volatile. Jugez-en plutôt avec cet extrait lu par Sara Giraudeau.

Dans les écoles

La méthode d’Eline Snel appliquée dans plusieurs écoles néerlandaise a fait ses preuves :

les enfants se sentent plus en confiance, dorment mieux, sont plus aimables les uns envers les autres. Les enseignants, qui disent aussi mieux se sentir, constatent davantage de calme en classe, une meilleure concentration et plus d’ouverture d’esprit. “Il existe aujourd’hui un nombre croissant de travaux montrant l’intérêt de la méditation de pleine conscience auprès des enfants, pour l’équilibre émotionnel, les capacités de résilience, la qualité des échanges familiaux et les capacités attentionnelles, notamment dans le travail scolaire et les apprentissages”, explique Christophe André.

Source : Le Monde

Une méthode à faire découvrir aux enfants mais aussi à leurs parents, grâce au livre d’Eline Snel, Calme et attentif comme une grenouille.

www.commeunegrenouille.fr

La nature booste la créativité, l’attention et le bonheur

Vie urbaine, métier et loisirs liés aux écrans, nos modes de vie nous amènent à passer de moins en moins de temps au contact de la nature. Or, les bénéfices sur le cerveau d’une vie entourée de verdure sont multiples.

Des chercheurs de l’université du Kansas ont observé les effets d’un environnement végétal sur le mental. Selon eux, se promener dans un paysage naturel calme les nerfs et restaure les capacités mentales du cerveau. Moins de bitume est meilleur pour la créativité, l’humeur, la concentration ou la mémoire. Leur étude a ainsi démontré que trois jours passés dans la nature amélioraient de 50 % les résultats à des tests créatifs.

De plus courtes périodes au contact de la nature portent aussi ses fruits. Déjà dans une étude des années 90, le Dr Kuo avait observé des femmes vivant dans un appartement avec une vue sur du bitume ou bien, une vue sur de la verdure, de l’herbe, des arbres et des fleurs. Après les avoir soumis à différents tests mesurant l’attention et la façon de gérer les défis de la vie quotidienne, il s’est révélé que les performances du groupe qui avait une vue sur de la verdure étaient significativement plus élevées.

Créativité, meilleure concentration et bien-être général, cela vaut bien le coup d’une petite virée au vert !

Source : The Wall Street Journal

La danse spontanée pour lâcher prise

Se laisser aller à des mouvements spontanés, laisser son corps s’exprimer, abandonner toute idée de jugement et sentir la “vague”, l’énergie et la fluidité du corps dans le mouvement, c’est ce que développe Gabrielle Roth depuis les années 60.

Dans la méthode des 5 rythmes qu’elle a développée, l’accent est mis sur le ressenti. Ici, pas de chorégraphie prédéfinie à apprendre, le danseur est libéré de la notion de mouvements justes ou faux, seul compte pour lui l’abandon à sa propre énergie vitale. La danse spontanée devient un moyen de renouer avec soi par l’intermédiaire de son corps.

Les 5 rythmes

5 rythmes structurent la pratique : fluide, staccato, chaos, lyrique, calme.

Pourquoi danser les 5 Rythmes? Les danser nous permet de découvrir un vocabulaire de mouvement libre, enraciné dans l’inconnu et la fraicheur du moment présent – un mouvement viscéral et profondément personnel. En les dansant, nous pouvons suivre nos perceptions et nos souvenirs, chercher des gestes et des formes ; nous brancher sur nos instincts et nos intuitions. Ils nous révèlent des manières d’exprimer avec créativité notre agressivité et notre vulnérabilité, nos émotions et nos angoisses, nos limites et notre extase.

Quand nous dansons, nous nous réveillons, nous plongeons et nous rafraichissons en nous même, nous nous amusons et nous oublions toutes les lourdeurs que nous transportons habituellement avec nous. Dans la danse nous devenons vrais, libres, nous nous dépassons. Le mouvement fait avancer.

Quand vous disparaissez dans la danse, vous ne vous souciez plus du paraître, être gracieux ou lourd, gros ou maigre, souriant ou grimaçant. Ces soucis de l’égo disparaissent. Lorsque vous dansez jusqu’à ce que tout ne soit plus que Danse, c’est comme si une porte s’était gentiment ouverte pour un lieu de paix, de joie, au tempo universel.

Gabrielle Roth

www.gabrielleroth.com

www.5rythmes.fr