perception

Méditer sur la peur et l’anxiété

Osons ressentir la peur plutôt que l'enfouir ! Lorsque nous nous connectons à cette émotion, comme pour l'accueillir avec bienveillance, quelque chose peut commencer à s'ouvrir et à se décrisper. Une méditation qui peut secouer, à aborder avec précautions.
Méditation sur la peur et l'anxiété

La peur est une composante naturelle de notre expérience. Le problème vient surtout du fait que nous avons tendance à enfouir cette émotion, à toute faire pour ne surtout pas la ressentir… Et encore moins la montrer aux autres. Dans une société qui invite toujours plus au “dépassement” de soi, à pousser ses limites aux extrêmes, à aller toujours “plus vite, plus haut, plus fort”, montrer sa peur serait un aveu de faiblesse intolérable…

Et pourtant, certains de nos comportements sont motivés par une peur inavouée que l’on tente d’éviter à tout prix. Combien de fois nous sommes-nous tu par peur de la réaction des autres ? Peur d’être incompris, d’être jugé incompétent ou toute autre chose… Et souvent, nous ne nous rendons même pas compte de ce processus interne.

L’évitement étant, dans des circonstances particulières à chacun, notre façon de fonctionner par défaut, nous n’avons pas conscience de ce qui est à l’origine de ce comportement.

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Réapprendre à “sentir”

Le poète Novalis nous invite à réapprendre à “sentir” et à chercher une autre manière d’être au monde. Une position dans laquelle on devient soi-même :

C’est dans ce jeu seulement (celui du sentir) que l’homme prend véritablement conscience de sa nature propre, de sa liberté spécifique, et qu’il a le sentiment de sortir d’un profond sommeil, d’être enfin chez lui dans ce monde et de voir s’éclairer son univers intérieur.

Il a le sentiment d’avoir atteint une sorte de perfection lorsqu’il parvient, sans gêner ce jeu, à sentir et penser tout en laissant ses sens remplir leurs fonctions pratiques. Les deux ordres de perception y gagnent : le monde extérieur devient transparent, le monde intérieur se diversifie et se charge de signifiance et l’homme se trouve au milieu des deux, faisant l’expérience intime de la liberté la plus parfaite et du plus jubilatoire sentiment de puissance.

cité par François Roustang, Feuilles oubliées, feuilles retrouvées

Au croisement de deux mondes

Pour Novalis, le “sentir” nous permet de nous situer au croisement des mondes intérieur et extérieur. Autrement dit, le sentir ne privilégie ni l’un, ni l’autre, mais permet une vision globale qui donne du sens. Il nous donne accès à une complexité qui nous dépasse et qui reste insaisissable à la conscience et à l’intelligence.

Il semblerait que nous ayons ainsi deux modes de rapport au monde. L’un basé sur la pensée, le vouloir, la conscience, et l’autre sur le sentir, l’intuition, l’inconscient. Le second type de perception est le plus oublié. C’est pourtant par là que peuvent surgir de nouvelles façons de voir les choses, de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives. C’est par là que nous pouvons nous connecter à nos ressources intérieures oubliées.

 

Méditer sur la peur et l’anxiété

Osons ressentir la peur plutôt que l'enfouir ! Lorsque nous nous connectons à cette émotion, comme pour l'accueillir avec bienveillance, quelque chose peut commencer à s'ouvrir et à se décrisper. Une méditation qui peut secouer, à aborder avec précautions.

Réapprendre à “sentir”